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Les mésaventures prometteuses de Chance Excerpt

 

 

I

 

 

1934

Buckinghamshire, Angleterre

 

QUEL BEAU massacre. Quelque chose de bien sanglant.

Avant que vous ne disiez quoi que ce soit, je sais ce que vous pensez. Mais comment te retrouves-tu dans ce genre de situations ? C’est une bonne question. Je vous le dirai quand j’aurai trouvé la réponse. Un homme comme moi aurait dû s’y attendre, compte tenu de mon expérience avec ce genre de choses. Même sans cette expérience, la douleur déchirante dans mon abdomen aurait dû me servir de premier indice. Mais non, c’était la sensation familière du sang coulant entre mes doigts qui avait finalement déclenché cette petite voix dans ma tête, celle qui m’avait dit : ‘Tu t’es encore fait tirer dessus’.

Ce n’est qu’après cette petite prise de conscience que j’avais commencé à sentir des flammes de douleur me lécher le flanc, comme si celui-ci commençait à prendre feu de l’intérieur. Je détestais me faire tirer dessus. En même temps, quel idiot aimait ça ? Je retirai ma veste d’un mouvement d’épaules en gémissant, puis déboutonnai mon gilet et le jetai sur le sol, près de ma cravate. Voilà ce qui arrivait quand on ne portait pas d’armes à feu. Depuis quand étaient-elles devenues une condition préalable avant de s’autoriser une promenade matinale à travers les bois ? Sur mes propres terres, en plus ? Cela me servirait de leçon. Les gens qui vivent à la campagne ne sont-ils pas censés vivre plus longtemps ? Visiblement, j’étais l’exception qui confirme la règle.

Bon, c’était l’heure du verdict. Je déchirai ma chemise pour l’ouvrir et jetai un œil à la tache pourpre qui se répandait à travers mon maillot de corps blanc encore propre. Bon sang de bois, j’avais le ventre bardé de plomb. Voilà que je m’étais transformé en cliché de film de seconde zone. Eh bien, que je sois damné si j’allais me laisser mourir ainsi. Il ne s’agissait pas là d’un film de la Warner, et je n’étais pas James Cagney. Vous voulez savoir qui je suis ? Je suis le gars qui finit par se faire flinguer afin que le véritable héros puisse apprendre une leçon de vie merdique, grandisse de cette expérience et puisse nous sauver tous à son tour. Hors de question. Le héros de cette histoire n’a pas l’habitude de prendre de leçon. Il a l’habitude de les donner. Je suis bien placé pour le savoir. J’ai les cicatrices pour le prouver.

Je suis le bras droit, le Watson du Sherlock Holmes, le docteur Jekyll du Mister Hyde, le Laurel du Hardy, le… Enfin, vous comprenez l’idée.

Ceci expliquait beaucoup plus de choses sur ma situation actuelle que vous ne pourriez le penser, mais nous y reviendrons. Tout d’abord, cela avait quelque chose à voir avec tout ce sang. Je déchirai ma chemise davantage et l’enroulai autour de mon torse, tirant dessus un bon coup et serrant les dents sous la douleur aiguë qui traversa mon corps. Au moins, cela me permettrait de garder un peu de sang pour le moment. Bon Dieu, je devenais trop vieux pour ça. À trente-six ans, je commençais vraiment à croire que j’avais passé l’âge de me retrouver face à face avec le canon d’une arme. Mais ce n’était pas la première fois que j’avais tort.

Quelle triste façon d’en finir, attendre un nigaud pour qui l’idée d’un bon moment était de m’entraîner à travers une série de bars et d’y faire chaque fois éclater une bagarre, mais seulement après une demi-douzaine de pintes et un scone avec assez de confiture de fraises et de crème fouettée pour lui donner un infarctus. Mais qui suis-je pour le critiquer ? Ce ne serait pas la première fois qu’il me voit me faire tirer dessus. Ou me faire frapper, me prendre une claque, ou… Eh bien, j’ai toute une liste. Une liste si longue que je doute d’avoir assez de temps pour tout vous raconter. En fait, maintenant que j’y pense, je me rends compte que j’ai passé la plupart de ma vie de jeune adulte à me faire volontairement taper dessus, physiquement ou mentalement, à cause de lui. Mais pourquoi, demandez-vous ? Qui est cet homme continuellement escorté par le chaos et une certaine forme de folie profonde ? Et pourquoi donc est-ce que je me laisserais volontairement blesser, physiquement et mentalement, encore et encore, simplement pour lui ? Mais qui est-il, bon sang ? Eh bien, croyez-le ou non, mon ami, vous êtes sur le point de le découvrir.

Mais je croyais que vous aviez dit que vous n’aviez pas assez de temps ?

Non, j’ai dit que je n’avais pas assez de temps pour vous dérouler la liste de tout ce qu’il m’a fait. J’ai bien assez de temps pour vous dire comment j’ai eu la chance ou la malchance –  selon mon humeur, qui, alors que je prenais mes aises dans le terrier d’une quelconque créature des forêts, près d’une ville dont j’étais incapable de prononcer le nom, avec une balle dans le flanc, n’était pas vraiment au beau fixe –  de le rencontrer. Ce que je peux vous dire dans tous les cas, c’est qu’il a changé ma vie de plus d’une façon, bien plus que je souhaiterais l’admettre. Alors voilà… Quoi, une autre question ? Qu’est-ce que vous êtes, une sorte de paparazzi ? Allez, crachez le morceau. Au cas où vous n’auriez pas remarqué, l’hospitalité ne suinte pas vraiment de tous mes pores pour le moment.

Vous n’avez pas peur ?

Peur ? Non.

Si je m’ennuie ? Oui.

Si je suis agacé ? Certainement.

J’ai approché la Mort tellement de fois à travers les ans qu’elle est devenue une amie proche. Je passe la voir, à l’occasion, on rigole ensemble, puis elle me dit de déguerpir. Dans mon travail, surtout quand il est dans le coin, ma vie est en grand danger à peu près soixante-quinze pourcent du temps. Les autres vingt-cinq pourcent se passent dans un danger plus modéré. Bon, je ne suis pas très doué en maths, mais si je calcule bien, cela veut dire que je passe cent pour cent de mon temps face à un péril ou un autre. Pour le moment, je me demande si mon amie la Mort n’est pas en train de s’habituer un peu trop à ma compagnie.

Mais n’allez pas m’acheter de chrysanthèmes tout de suite. Il faut que vous sachiez une chose à propos de Jacky Valentine –  ça, c’est lui, pas moi. Mon nom est Chance. Eh bien, en réalité, mon vrai nom est Chauncey Irving. Je sais. Qui appelle son enfant Chauncey ? Mes bons-à-rien de parents, voilà qui. C’est pourquoi je préfère Chance. Un nom attribué par l’homme lui-même, il y a bien longtemps de cela. Où en étais-je ? Ah oui. Jacky. Un des hommes les plus têtus que l’on puisse rencontrer. S’il ne veut pas que je meure, alors même Dieu Tout-Puissant ne pourra pas le contredire. L’aide est en chemin, et je serai de retour au Manoir Hawthorn en un rien de temps, mais pas avant de lui en avoir fait voir de toutes les couleurs pour m’avoir mis dans ce pétrin pour commencer. Je vois que je suis en train de vous perdre. Restez avec moi. Je vais vous expliquer.

Quand j’ai rencontré Jacky, je n’aurais jamais échangé ma place avec lui, même pour tout le thé de Chine, et vu de qui il s’agissait et de qui j’étais, cela en dit long. Ce type avait vraiment son travail mâché pour lui. Je sais que de toute sa carrière, j’ai été le plus grand défi de Jacky, et quand vous faites ce que nous faisons dans la vie, ce n’est pas un compliment. À l’époque, je n’étais pas l’homme que je suis aujourd’hui. Loin de là. Une multitude d’événements dans ma vie m’ont entraîné sur un chemin de vices et d’autodestruction. Quoi que vous puissiez imaginer, je l’ai fait. J’étais dans un train lancé à toute vitesse, droit vers le mur, et ce train n’avait pas de frein.

Bon, je ne vais pas rester là et vous raconter une histoire niaise sur les circonstances qui m’ont mené là. Comment la société avait sa part à jouer dans ma création, comment j’étais seulement un bon gamin mal-aimé et incompris, bla-bla-bla, parce que, franchement, ce ne sont que des foutaises. Je suis devenu qui je suis à cause de ma propre colère, du dégoût de moi-même et de mauvais choix. J’aurais pu prendre une voie plus honorable, décider d’apprendre de mes expériences, me concentrer et devenir assez déterminé pour me sortir du trou perdu où je me trouvais, mais au lieu de cela, j’ai choisi de devenir un danger pour moi-même et pour tout le monde autour de moi. Pourquoi ? Parce que je le pouvais. Parce que c’était facile.

Dès l’âge de sept ans, j’avais déjà eu plusieurs emplois, dont aucun n’avait duré plus de quelques semaines. On m’avait dit d’innombrables fois que j’étais désobéissant et irrécupérable. C’était partiellement vrai. Je manquais de discipline et j’étais déplorable, mais ce n’était pas pour cela que je n’arrivais pas à garder un boulot. C’était parce que je détestais chaque job que j’avais. Je pensais que je valais mieux que ça, et si je ne voulais pas me trouver quelque part, que Dieu vienne en aide aux pauvres nigauds qui essayaient de m’y faire rester. Je n’avais jamais réfléchi au fait que me faire travailler était bien ou mal. Je ne connaissais rien d’autre. Ce que je savais, c’est que je n’aimais pas ça et si je n’aimais pas ça, alors pourquoi le faire ? Mon autre problème venait du fait qu’on me dise quoi faire. Ce qui est ironique, bien sûr, étant donné là où j’ai fini. Mais je m’égare…

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Les mésaventures prometteuses de Chance

Book Details

  • Published: October, 6 2015
  • Cover Artist: Anne Cain
  • ISBN: 978-1-63476-789-7
  • Price: $5.99