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Illusions et faux-semblants Excerpt

I

 

 

DU BRUIT explosa aux oreilles de Dex. Le sang battait dans ses tempes et son visage le faisait souffrir. Un goût de sang lui emplissait la bouche et il avait l’impression que son corps n’était pas le sien alors qu’il luttait pour sortir de sa léthargie. Ses membres lui semblaient lourds, comme s’il nageait dans la mélasse. Avec un gémissement, il s’obligea à ouvrir les yeux. Il faisait sombre à l’exception du halo de lumière qui flottait quelque part au-dessus de sa tête. Où était-il ? Il se souvenait seulement des bras forts de Sloane qui l’enveloppaient de chaleur et le serraient contre son corps. Sloane avait enfoui son nez dans ses cheveux, puis l’avait embrassé avant de lui murmurer qu’il l’aimait.

Sloane…

Dex se redressa d’un coup, un petit cri se coinçant dans sa gorge tandis qu’il émergeait de la brume qui l’avait envahi. Ses yeux s’agrandirent et son cœur battit furieusement quand il réalisa que ses poignets et ses chevilles étaient attachés à une chaise.

— C’est quoi ces conneries ?

Il releva la tête et fut ébranlé par la violente lumière blanche. Elle lui brûla les yeux et il referma vivement les paupières pendant plusieurs secondes. Il ne vit qu’un halo avant de pouvoir finalement se concentrer sur l’obscurité autour de lui. Des ombres l’entouraient de toutes parts, l’unique lumière provenant de l’ampoule qui pendait au-dessus de sa tête.

— Y’a quelqu’un ?

C’est alors qu’il comprit.

On l’avait enlevé chez lui.

Oh mon Dieu, où était Sloane ? Son sang se glaça dans ses veines et il se débattit contre ses liens.

— Répondez-moi !

— Tu es réveillé. Bien.

Dex se figea. Il scruta les ombres et put distinguer les contours d’une silhouette, ainsi que la lueur d’un regard. Un Therian.

— Qui êtes-vous ? C’est quoi tout ça ? demanda Dex, la voix rauque à cause de sa gorge sèche.

Sa bouche lui donnait l’impression d’être emplie de coton. Très certainement le résultat de ce qu’on lui avait administré pour l’endormir. Il fit de son mieux pour ignorer la sensation de malaise au creux de son estomac. Quelqu’un avait pénétré chez lui et l’avait enlevé des bras de son compagnon. Il ignorait où était Sloane et dans quel état. Était-il blessé… ou pire ? S’il vous plaît, faites qu’il aille bien.

— C’est moi qui poserai les questions ici, agent Daley.

— Où est Sloane ?

Un grand loup Therian dans un costume gris coûteux émergea des ombres.

— En train de te chercher, je suppose. Je ne m’en soucie pas vraiment. C’est toi qui m’intéresses, pas Sloane Brodie.

Dex s’était attendu à un malfrat ou à un psychopathe enragé. Le Therian devant lui ne ressemblait ni à l’un ni à l’autre, mais les apparences pouvaient être trompeuses. Raffiné, rasé de près et la mâchoire ciselée, il était beau, avec des cheveux d’un noir profond parfaitement coiffés ; il semblait être en fin de trentaine, voire début de quarantaine. Le Therian inclina la tête de côté, ses yeux gris perçants l’étudiant avec attention. Il sembla parvenir à une sorte de conclusion et tira une chaise de l’ombre pour la placer devant Dex.

Dex étudia son adversaire, notant la façon désinvolte dont il déboutonna sa veste de costume sur mesure et s’installa sur la chaise. Il croisa une jambe par-dessus l’autre et plaça ses doigts entrelacés sur un genou, comme s’il était sur le point d’avoir une discussion d’affaires informelle.

— Où est-il ? demanda-t-il calmement.

— Pourquoi les types comme vous commencent-ils toujours par des questions aussi cryptiques ?

Dex fronça les sourcils en jetant un coup d’œil à ses propres vêtements.

— Pourquoi est-ce que je porte un costume ?

Il était certain de s’être couché en tee-shirt et pantalon de pyjama. Le costume était parfaitement taillé. Tout, du pantalon à la veste noire en passant par la chemise d’un blanc immaculé, lui allait comme un gant. Même ses chaussures épousaient ses pieds confortablement.

— Comment connaissez-vous ma pointure ?

— Je sais tout de toi.

Dex jeta un coup d’œil dans la pièce. Il n’y avait pas de caméras, de fenêtres, rien que le sol et les murs en béton.

— Pourquoi ?

— Où est le fichier ?

— Pourquoi la cravate ?

C’était bizarre. Quelqu’un avait méticuleusement noué une cravate autour de son cou pendant qu’il était inconscient. Qui enlevait des gens pour les revêtir de vêtements chics ?

— Réponds à la question.

— Et si on commençait doucement, proposa Dex. Comment dois-je vous appeler ?

Il devait trouver un moyen de s’échapper. Il devait bien y avoir une porte quelque part derrière le Therian. L’homme ne s’était pas matérialisé du néant. Bien entendu, Dex devrait d’abord se libérer de la chaise. Elle était en acier et fixée au sol.

— Inutile de faire le malin avec moi, agent Daley.

Le loup Therian sourit agréablement.

— Et tu peux m’appeler Monsieur Wolf.

Monsieur Wolf. Ouais.

— Et maintenant, qui fait le malin ?

Wolf rigola.

— J’apprécie sincèrement un homme avec un bon sens de l’humour. Tu es tout à fait charmant.

Il fit glisser son regard sur Dex et sourit avec chaleur.

— Tu es plus grand que je l’imaginais et ta photo ne te rend guère justice. Tu es beaucoup plus beau en personne, dit-il en faisant un geste vers ses propres yeux. Une belle couleur. Absolument magnifique.

Dex se pencha en avant, ses lèvres se recourbant malicieusement.

— Vous essayez d’obtenir des informations de moi ou de sortir avec moi ?

Wolf rit à nouveau.

— Je vois que tu ne vas pas me faciliter la tâche. Très bien, agent Daley… Est-ce que je peux t’appeler Dex ? Agent semble tellement formel.

— Je vous en prie.

— Dex, ton petit numéro de blond écervelé ne fonctionnera pas avec moi. Je sais parfaitement qui tu es et de quoi tu es capable.

Dex se rencogna dans la chaise avec un sourire.

— Vraiment ? Pour votre information, mes cheveux tirent davantage sur le châtain clair.

Wolf haussa un sourcil, comme s’il n’était pas certain de savoir quoi faire de lui. Malgré le calme du Therian et son comportement non menaçant, quelque chose dans ses yeux avertissait Dex d’avancer avec prudence.

Wolf s’éclaircit la gorge avant de continuer.

— Dexter Justice Daley, né le 18 août 1980. Unique enfant de Gina et John Daley. Adopté par Anthony Maddock. Un frère, adopté également, Cael Maddock. Tu étais officier des FPH avant de devenir inspecteur, comme ton père avant toi. Tu as ensuite témoigné contre ton partenaire qui a tiré sur un jeune Therian désarmé, dans le dos. Ton petit ami de l’époque, Louis Huerta, t’a plaqué.

» Engagé par le THIRDS et nommé agent Défense de Destructive Delta dans l’unité Alpha, ton chef d’équipe est Sloane Brodie, un jaguar Therian de la Première Génération qui a passé la majeure partie de sa jeunesse au Centre de Recherches sur les Premières Générations, à servir de rat de laboratoire. Vous êtes ensemble depuis un an et grosso modo deux mois et demi – il avait quelques problèmes d’engagement à résoudre. Ce mois-ci, il a emménagé avec toi. Il pense que tu dois manger plus sainement et il a raison. Tu consommes de copieuses quantité de caféine, de sucre et de viande rouge, tu as une obsession quelque peu inhabituelle pour les années 80 et tu aimes le karaoké. Ai-je oublié quelque chose ?

Qui était ce type et comment en savait-il autant ? Le sourire de Dex s’élargit.

— Ouais, j’aime danser, malheureusement je ne tiens pas l’alcool, et je taille des super pipes.

Wolf haussa brusquement les sourcils avant que son expression redevienne impassible. Il remua sur sa chaise et Dex retint un sourire. Il allait pouvoir s’en servir. Dex soutint le regard de Wolf.

— Saviez-vous que je peux faire ronronner mon compagnon sous sa forme humaine ? Et je ne veux pas dire au figuré. Je veux dire que je peux littéralement le faire ronronner.

Wolf le dévisagea intensément avant de brosser une peluche inexistante de sa veste de costume.

— Ce n’est pas possible.

— Oh, mais si, répondit Dex, la voix basse et rauque. Je suis doué avec ma bouche.

Wolf lissa sa cravate avant de croiser le regard de Dex. Il continua comme s’il ne l’avait pas entendu.

— Je sais que tu risquerais tout pour tes proches. Ta carrière, ton cœur, ta vie. Tu possèdes un sens de la justice farouche. Je sais qu’en ce moment même, tu envisages tes options et la façon de sortir de cette chaise. Ce sont des liens de force Therian, Dex. Tu n’iras nulle part, et contrairement à la plupart des gens, je ne te sous-estimerai pas. Tu es plutôt doué pour découvrir les points faibles de ton adversaire. Heureusement pour moi, je n’en ai aucun. Je sais que tu joues l’imbécile, que tu agis comme le clown de la classe, cachant qui tu es vraiment.

Dex inclina la tête de côté et sourit.

— Et qui suis-je donc ?

— Un homme très dangereux.

Voilà qu’il était attaché à une chaise et c’était lui l’homme dangereux ?

— Ça, c’est drôle.

Wolf se leva et enfonça les mains dans ses poches.

— C’est drôle, parce que même toi, tu ne le réalises pas.

Il se pencha en avant, soutenant le regard de Dex.

— D’autres ne le voient peut-être pas, mais moi si. Il y a des ténèbres tapies derrière ces pâles yeux bleus. Tu ne t’es jamais complètement remis du meurtre de tes parents.

Dex ouvrit la bouche pour répliquer quand les mots pénétrèrent son esprit. Non. Absolument pas.

— Mes parents n’ont pas été assassinés. Ils ont été tués dans une fusillade. Mauvais endroit, mauvais moment.

Wolf rapprocha sa chaise de Dex et se rassit.

— Tu ne l’as pas cru à l’époque et tu n’y crois pas plus aujourd’hui. C’est peut-être ce qu’on t’a dit, ce que tu voulais croire, mais au fond de toi, tu connais la vérité. Celle que tu as enterrée il y a longtemps.

— Que savez-vous de mes parents ?

Pourquoi demandait-il ? Ce n’était pas comme s’il pouvait faire confiance à Wolf. Pour ce qu’il en savait, cet homme lui racontait des conneries pour le déstabiliser, pour le faire parler.

— Pardonne-moi. Je semble avoir dévié du chemin que je m’étais tracé.

Wolf laissa échapper un rire agréable, comme s’il conversait avec un ami.

— Il est très facile de discuter avec toi. Essayons une approche différente. Gina Daley a été tuée pour s’être ingérée dans des affaires qui ne la concernaient pas. Malheureusement, elle a entraîné ton père là-dedans. Je veux le fichier qu’elle avait en sa possession la nuit où elle a été tuée.

Dex ferma les yeux, soudain nauséeux. Il avait besoin que la pièce cesse de tournoyer et que son estomac arrête de se retourner. Wolf avait raison. Au fond de lui, il avait toujours su, mais ça… c’était simplement trop à assimiler. Toutes ces années, il avait essayé de nier le fait que la mort de ses parents puisse être plus qu’une simple coïncidence, mais il n’avait jamais approfondi la question. Il avait eu peur de le faire. Peur de ce qu’il trouverait. Pour lui, ses parents avaient été deux personnes ordinaires qui l’avaient beaucoup aimé et qui lui avaient été enlevées bien trop tôt. Il avait voulu préserver leur mémoire. Dex ouvrit les yeux et prit une profonde inspiration. Il n’y avait plus d’échappatoire maintenant. Il avait besoin de réponses.

— Ça fait presque trente ans. Pourquoi cherchez-vous ce fichier maintenant ?

— Cette information est sans importance. J’aimerais beaucoup ce fichier.

— S’il y a un fichier, je ne sais pas où il est, répondit sincèrement Dex. C’est la première fois que j’en entends parler. Si vous m’aviez surveillé, étudié, comme vous le dites, vous le sauriez.

Wolf se leva et enleva sa veste de costume sans se presser. Il prit sa chaise, la décala sur le côté et drapa le vêtement sur le dossier. Dex observait l’homme, sa façon de bouger, son sourire chaleureux alors qu’il retirait les boutons de manchette des poignets de sa chemise. Une fois qu’il eut glissé les boutons dans la poche de sa veste, il retroussa ses manches. Pas à la va-vite non plus. Il n’était pas du tout pressé. Le tissu fut replié méticuleusement. D’abord une manche, puis l’autre. D’une poche de son pantalon, il sortit une paire de gants noirs qu’il enfila.

— J’ai entendu dire que tu avais un seuil de tolérance à la douleur très élevé.

Dex se redressa et roula les épaules. Son cœur s’emballa et ses muscles se raidirent. Il ferma subtilement les poings pour empêcher Wolf de voir trembler ses mains. Quand il parla, il s’assura que son ton ne trahisse rien de la peur qui l’envahit soudain.

— On passe déjà aux trucs pervers. C’est pas vraiment mon trip, mais si ça vous fait plaisir.

Avec un petit rire, Wolf s’avança entre les genoux de Dex. Il lui saisit le menton, son sourire se faisant désolé.

— Pardonne-moi, mais je vais devoir endommager ce joli visage. J’espérais l’éviter, mais tu ne me laisses pas le choix. N’y vois là rien de personnel.

Dex haussa les épaules. Il ne donnerait pas à Wolf la satisfaction de savoir qu’il avait peur. Il ne servait à rien qu’il perde son sang-froid. Wolf ne ressemblait à aucune personne qu’il avait déjà affrontée auparavant. C’était un professionnel à qui l’on avait confié un travail, un travail dont il tirait de la fierté. Ses yeux d’acier disaient à Dex tout ce qu’il avait besoin de savoir. Il n’y aurait pas de pitié venant de Wolf. Il serait seul responsable de la douleur infligée, parce qu’il refusait de coopérer.

— Ça fait seulement partie de la description de poste. Je comprends.

— Merci d’être si compréhensif.

Wolf passa son pouce sur la lèvre inférieure de Dex.

— Je t’aime bien, Dex. En fait, je t’aime tellement bien que je vais commencer doucement.

— C’est vraiment gentil de votre part.

Une boule dans la gorge, il continua à fixer Wolf dans les yeux.

— Je sais, répondit Wolf sincèrement. Maintenant, prépare-toi.

Dex hocha la tête. Il serra les mâchoires et inspira profondément par le nez, ses poings serrés si fort que ses phalanges étaient blanches. Pense à la maison.

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Illusions et faux-semblants

Book Details

  • Word Count: 99816
  • Published: September, 4 2018
  • Cover Artist: L.C. Chase
  • ISBN: 978-1-64080-997-0
  • Price: $6.99

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Illusions et faux-semblants

Book Details

  • Page Count: 300
  • Published: September, 4 2018
  • Cover Artist: L.C. Chase
  • ISBN: 978-1-64080-998-7
  • Price: $17.99